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Sommaire du Banana Pi

ODT

Avant-hier je reçevai la pré-commande du Banana Pi. Non que ce ne soit une pré-série, mais sa disponibilité est encore plus restreinte que celle du Raspberry Pi, dont il imite sans vergogne la référence fruitée, et encore bien coûteuse. Bien que je n'aie été censé ne payer que le transport, traditionnellement très économique à partir de la Chine, le transporteur privé m'a présenté une facture salée couvrant le dédouanement.

Déballage

Là rien d'exceptionnel, comme la framboise, il se présente dans une petite boîte sans artifice, un petit peu plus petite que celle de ce dernier, étonnant car la carte elle-même est un peu plus grande. Bien entendu, emballée dans une pochette antistatique.

Je présume que la version grand public ajoutera au moins un lettrage et une petite fiche de bienvenue, comme chez Element 14.

Présentation

Une simple carte un peu plus grande que celle du Raspberry Pi, mais qui en conserve la disposition, c'est-à-dire mal foutue. Ça fait partie des charmes du Raspberry Pi, et, je suppose, un moyen de garder les ports largement accessibles, vu que ce genre de carte est destiné au bidouillage. Par contre, pièces supplémentaires obligent, le Banana Pi ne rentrera pas dans les boîtiers prévus pour la framboise et construits serrés. On aurait aimé que la carte Banana comporte une sérigraphie reprenant le logo de LeMaker, histoire de marquer la différence. Ça ferait bien, une grosse banane sur le devant! Continuons avec les différences les plus visibles.

Différences

L'écart entre la prise vidéo RCA et le port GPIO n'est pas identique, et abrite un minuscule micro. Je me demande bien à quoi il pourra servir, coincé entre la prise RCA et audio. L'emplacement de la prise micro USB d'alimentation du Raspberry est remplacée par la même prise dédiée au USB OTG sur le Banana. Tout comme Alex, je me suis demandé à quoi pourrait bien servir cette prise OTG qui ne respecte pas le standard imposé. Pour le moment, le mystère plane. Pour le commun des mortels, cette prise peut aussi recevoir l'alimentation en 5V.

Avant même de le mettre en marche, la minceur de la platine du Banana Pi m'a surpris. Elle est en effet nettement plus mince que celle du Raspberry Pi, ce qui laisse préoccupé sur sa durabilité. Autres questionnements au vu de la qualité des soudures, qui me semble moins bonne que celle du Raspberry, voire carrément insuffisante dans certains cas. Les trous de montage pour les vis ne sont pas non plus au même endroit.

On remarquera aussi la présence de trois boutons-poussoirs, un d'allumage, un reset, et un uboot. Enfin, il est possible d'allumer, éteindre et réinitialiser sa banane sans passer par la phase de débranchement de la prise USB, ce qui devrait en limiter son usure prématurée. Par comparaison cependant, la carte SD une fois insérée semble gigantesque, et gêne l'accès à ces boutons. On pourra lui préférer un adaptateur micro SD demi-taille.

Un récepteur infrarouge a été ajouté sur le Banana Pi, affirmant par là même son appartenance légitime au monde des lecteurs multimédia de salon, après lui avoir trouvé un boîtier adapté ça va de soi. Sans l'avoir essayé, je présume que c'est une interface bas niveau, rendue accessible par une bibliothèque appropriée ajoutée à Raspbian, qui le rendra facilement accessible aux bidouilleurs.

Comme vanté, le CPU est plus puissant que celui de la framboise, et sa RAM, doublée. Toujours pas de RTC cependant, mais ce n'est pas critique pour une machine connectée au réseau, malgré que ça puisse gêner quand on fouille dans les logs de démarrage. Parlant de connexion réseau, on parle maintenant d'un port Gigabit

On remarque que le Banana Pi conserve les ports CSI et LVDS, plus ou moins standardisés pour la connexion de la caméra et d'un écran LCD, respectivement. Le but est toujours le même, en se "rapprochant" du processeur, on évite de coûteuses interprétations par ce dernier, ce qui permet d'atteindre des performances étonnantes, notamment du point de vue graphiques. Cependant et c'est bien dommage, les ports CSI et LVDS du BPi ne sont pas compatibles avec ceux du Raspberry Pi! Voilà qui devrait grandement limiter l'interopérabilité des différents accessoires (souvent coûteux, comme la caméra) déjà fabriqués pour le RPi.

Et, pour couronner le tout, un très attendu port SATA, qui permet d'y brancher un disque dur sans la charge CPU imposée par le protocole USB, seul disponible pour le stockage de masse sur le Raspberry Pi, ce qui limitait grandement son usage en tant que micro-serveur. Bien sûr rien n'empêche d'écrire sur la carte SD même, mais sa performance est généralement bien plus faible qu'un disque dur, et l'usure bien plus rapide. Aussi, un mystérieux connecteur blanc marqué J5.

Similitudes

Il convient de rappeler que le Raspberry Pi est né de la volonté de la fondation du même nom de construire le plus petit ensemble fonctionnel capable d'exécuter du code, en supprimant tout ce qui n'était pas absolument indispensable, afin de parvenir à un coût le plus faible possible. Au départ prévu pour les écoles et autres acheteurs aux moyens modestes pour favoriser l'apprentissage de la programmation sur une machine "sacrifiable", le Raspberry Pi a largement dépassé sa cible et s'est retrouvé dans les mains de hackers expérimentés et d'industries, qui souhaitaient en tirer davantage. C'est à eux que s'adresse le Banana Pi, qui comporte tous les éléments de base d'un ordinateur moderne, gardant les acquis du fruit de régions tempérées pour migrer vers des latitudes plus chaudes.

Ce n'est pas une révolution, mais une évolution qui, contrairement au Raspberry Pi modèle B+, essaie de garder une certaine rétrocompatibilité. Puisqu'on parle de la famille Pi, Alex (ci-dessous) mentionne que le problème de plantage au branchement de périphériques USB gourmands a été réglé pour le RPi B+, mais hélas toujours présent sur le Banana Pi. On prendra donc soin d'y connecter disques durs et interface wifi avant de booter la machine, encore que je déconseille fortement, à l'instar de la Pi Foundation, de connecter directement un disque dur USB sans alimentation auxiliaire, le Pi consommant, au repos, 700mA, et ne pouvant aller au-delà de 1A sous peine de griller quelque chose.

Alex, donc, de Raspi.TV, auteur d'une autre très bonne revue anglophone, pointe par ailleurs un potentiel point faible du Banana Pi, à savoir que son GPU serait moins performant que celui du Raspberry Pi. Par rapport à son illustre parent, on aurait pensé que sa RAM augmentée, son meilleur processeur et la présence d'un récepteur infrarouge le placeraient comme un meilleur lecteur multimédia que le Pi, mais le choix de son GPU laisse perplexe. Espérons que la faible performance alléguée ne soit qu'une transition due à la non-disponibilité de la source complète du pilote, le même problème que le RPi AVAIT, et ce, bien que des efforts soient en cours pour libérer le code.

Téléchargement et installation

Je ne vais pas répéter ce qu'Alex a déjà décrit. Résumons simplement en mentionnant que LeMaker n'a toujours pas compris les vertus de la distribution par BitTorrent ainsi que les dépôts faits exprès pour les projets open-source, et a préféré se casser la tête à installer plusieurs partages Dropbox, Amazon Cloud et j'en passe pour distribuer ses images. Ne vous étonnez donc pas d'obtenir un débit merdique ou une page indiquant que le compte est bloqué pour excès de trafic.

À l'installation, il reste encore quelques hoquets, que l'on attribuera gentiment à la taille réduite de l'équipe de développement.

Conclusion

Comme je disais, d'autres se sont penché sur le Banana Pi avant moi, ajoutant photos, vidéos, etc. J'aurais quelques projets à proposer très bientôt je l'espère.

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